London Grammar
J'ai eu plusieurs vies. De nombreuses vies. Tel un chat.
Elles sont au nombre de six.
Si je découpe mon existence, avec le recul, on peut la diviser de cette manière.
La première a débuté de ma naissance jusqu'à ce que je prenne conscience de la nature humaine. L'on pourrait la situer jusqu'à mes 9 ans, âge où j'ai rédigé mon premier journal, ma première claque, ma première dépression même. Les écrits ne durent que si l'on les conservent, et ce ne fut pas le cas. Il persiste un souvenir latent de malaise, à base de quatre lignes (voire plus, ouh grande folle) où je racontais mes déboires. Une première avec la gente féminine (remember: les filles sont des salopes vicieuses et sournoises, qu'importe l'âge). Une première vie marquée par mon décès prématuré avant la dizaine. Mais je vais bien, ne t'en fais pas ©
Le deuxième est à situer entre le début de la dizaine et ma première histoire d'amour, aux environs de ma rencontre avec MMA n°... 3 il me semble. Car à son contact je suis morte, née et re-née. Un changement d’environnement, pas le premier, et certainement pas le dernier. Je ne m'étendrai pas sur le sujet.
You'll never know what was like to be fine
La troisième suit telle la petite sœur dans un bar. Elle date de la fin de mon lycée et le début de mes études. A partir de ce moment, mes vies auront un rapport certain avec ceux que j'ai aimées. Cette vie est en concordance avec mon fantôme (note: je ne rêve jamais de ceux qui l'ont suivi. Uniquement lui). Une histoire parmi d'autres. Perdue dans les méandres de l'humanité. J'ai fait n'importe quoi, dit n'importe quoi, ne sachant pas ce que je voulais et quand je l'ai su, il était trop tard, il avait fui. Des années de psychanalyse (LOL) pour une discussion des années plus tard afin de mettre un terme à tout ça mais il restera dans mon coeur à jamais. Aujourd'hui encore, il m'arrive de me demander s'il va bien, et s'il st heureux. C'est réellement ce que je lui souhaite. Au fond, je ne me pardonnerai jamais l'attitude inacceptable que j'ai pu avoir.
Maybe, we are
Lorsque j'ai rencontré Marty au cours de cette année, je ne savais pas encore que j'entamais ma quatrième vie, tant celle que j'étais était étroitement liée à la précédente. Je n'ai compris qu'avec le recul. Comme dit dans le post précédent, Marty m'a tuer (argh). Lorsqu'il est parti, il ne restait rien de celle que j'avais été (cf un post que j'avais rédigé (http://borderline-land.blogspot.fr/2010/08/loser-partie-un.html où je l'avais évoqué brièvement). Je n'aborde pas objectivement le sujet car comme cité précédemment, j'avais réellement oublié ce qu'il en était. La tendance était d'imputer à celui qui l'avait précédé l'état de mon champ émotionnel, alors que dans les faits, il n'avait que suivi le chemin tracé. Sarajevo dans mon âme. Une fois seule, j'avais sombré. Salement.
Maybe, we are
Avant de remonter. Avant que quelqu'un ne me récupère. La question est de savoir s'il s'est posé en sauveur ou si j'avais réussi à me sauver moi même et être ainsi désirable par l'un de mes pairs masculins. Je laisse le soin à mon biographe de se pencher dessus un jour. En tout cas, j'entamais ma cinquième vie. Vierge de presque tout. Aucun sentiment. Aucun passé. Nous avancions. Monsieur avait tendance à la fusion. Je préférais la différenciation. Je me laissais aller pourtant. Car il était plus aisé de suivre le dominé que de devenir le dominant. Je pensais à lui. M'oubliant la plupart du temps. Du regret ? Oui et non. Ces années ont révélé qui j'étais, ont découvert qui je n'étais pas encore, ont tendu vers qui je serai plus tard. Il y a des décisions que j'aurais dû prendre bien plus tôt, avant que cela ne provoque le chaos. J'aurais dû laisser le Vide décider pour moi quand il était encore sur le devant de la scène, mais que voulez-vous, je l'aimais. Et je voulais voir jusqu'où ça pouvait aller.
I wouldn't worry, you have all your life
Ma sixième vie débuta sur une expression du Vide. L'époque où rien n'avait d'importance. Je ne pensais qu'à mon propre bonheur, d'où mon choix. Car, oui, ce fut un choix. Extrêmement difficile. J'ai continué de fuir mes terres natales, j'ai mis le maximum de distance possible afin de continuer à survivre, et surtout, vivre. Car tout me rappelait ce que pour quoi j'étais partie. Je n'étais à ma place nulle part. Maintenant, dans cette existence, j'arrive à ressentir, rire, éprouver, communiquer. La route n'est pas si aisée qu'elle devrait mais j'avance, à ses côtés, sans remords ni regrets, car je sais pertinemment que je ne serai qu'une boule de haine sans lui. Un être au delà de la froideur. Obluda aurait gagné.
I've heard it takes some time to get it right
Mes désirs à l'aube d'un nouvel âge changent, varient. Ce que je croyais impossible quelques semaines auparavant deviennent concrets. Preuve que j'en ai fait du chemin depuis ma troisième vie. Preuve que j'ai finalement atteint l'âge adulte tant redouté (oh, ne nous leurrons pas, j'ai le quotient émotionnel et les aptitudes d'une gamine de 14 ans mais au moins, ça s’exprime !) L'essentiel est que ça sorte. Je me rends compte à quel point c'est maladroit mais à mes yeux, ça est.
Ca.
Est.
Bordel.
Et c'est ma victoire sur toutes ces vies.
La conclusion.
Ca.
Est.
Bordel.
Et c'est ma victoire sur toutes ces vies.
La conclusion.




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